mardi 1 février 2011

Veilleur : un métier à développer

La veille est un pilier de l’intelligence économique, mais l’intelligence économique ne se résume pas à la veille.

Nombreux sont ceux qui pratiquent intuitivement la veille. Toutefois, réaliser une veille efficace, c’est l’organiser et la formaliser pour constituer une collecte de données que l’on analysera pour les transformer en connaissances au service de l’intelligence économique.


Pour une veille pertinente, il convient de diriger la collecte vers un collaborateur dédié (ou non) et surtout formé !
Il sera le pivot central et l’interlocuteur de l’entreprise pour toute information collectée. Etre formé à la veille est un préalable nécessaire pour apporter un premier jugement d’intérêt de l’information et pour envisager de poursuivre une recherche complémentaire.

Tous acteurs de la veille !
Dans la mesure où il sait quoi ramener, chaque collaborateur est un vecteur d’information. Il lui faut juste savoir ce que l’on attend de lui et à qui transmettre l’information !
A charge du veilleur de la collecter, la vérifier, l’analyser et la transmettre aux décideurs

La méthode de jugement de l’intérêt de l’information doit être encadrée par une réflexion qui est du ressort des dirigeants ou du comité de direction. Ils devront orienter les collaborateurs sur les types d’informations souhaitées. Sans cela, la veille pourra s’avérer rapidement inefficace voire contre productive si des cadres ne sont pas mis en place.

Les sources d’informations publiques sont abondantes, nombreuses et diffuses. Il conviendra donc de les identifier et les valider.

Elles sont à classer en 2 grandes familles :
  • formelles (sur supports)
    • médias, publications, banques de données, études, etc
  • informelles (par contact)
    • visites salons, fournisseurs, réseaux persos et pros, etc

Quel type d’information
  • Blanche : information publique et accessible aisément (presse, rapports publics, etc)
  • Grise : information discrète mais pas secrète, moins accessible mais disponible tout de même (rapports d’études, travaux de recherche, etc) 
  • Noire : information secrète ou obtenue en violant des interdits et qui relève de l’espionnage

Le veilleur doit alors évaluer les critères de l’information et croiser les informations : 
  • Qui : un auteur, un expert, un organisme sérieux ? 
  • Quoi : qualité du site, du document, de l’information ? 
  • Quand : date du document ?
  • Où : origine de l’information, situation géographique ?
  • Pourquoi : objectif de l’information: scientifique, commercial, etc ? 
  • Comment : présentation du document, architecture du site ?

Mettre en place une veille ne s’improvise pas. Cela nécessite de l’organisation, de la méthode et de la pertinence.

Mais plus que tout autre chose, le veilleur doit être identifié, légitimé dans l’entreprise et une communication mise en place sur son rôle et son travail pour que chacun comprenne l’intérêt de cette démarche. Trop souvent, le veilleur est perçu comme une source de charge plus qu’une source de profit, et pourtant !

La veille n’est pas l’apanage des grandes entreprises, toutes les entreprises sont concernées. Etre accompagné dans la démarche de mise en place d’une cellule de veille en entreprise est enrichissant, car l’œil extérieur permet souvent de mettre en lumière des informations connues mais non exploitées ou enfouies dans les mémoires. Ces informations sont souvent primordiales et sources de développement sans forcément aller chercher des idées nouvelles.

Pour conclure, collecter l’information, c’est bien. L’analyser et la transformer en connaissances, c’est mieux ! 

« Ceux qui ne savent pas où ils vont sont étonnés de se retrouver ailleurs… » Pierre DAC